Elections générales au Gabon : la cour constitutionnelle dernier rempart pour faire invalider l’épineux problème du bulletin unique.

Le Gabon prépare les élections générales (présidentielle, législatives et locales ) qui auront lieu le 26 aout prochain. Trois scrutins déjà parasités par une polémique. La classe politique est divisée sur le bulletin unique permettant le vote sur une même liste pour la présidentielle et les législatives. 

Le mois dernier, le centre gabonais des élections ( CGE ) qui organise le vote, a validé le bulletin qui servira aux premières élections à triple scrutin de l’histoire du pays. Seulement, l’option d’un bulletin unique pour ces deux scrutins uninominaux est présentée par le CGE comme l’une des aspirations de l’opposition, mentionnées lors de la concertation politique de février dernier. Chose que l’opposition réfute avec véhémence. D’ailleurs,  deux recours ont été déposés à la Cour constitutionnelle pour faire invalider le décret ayant institué ce bulletin. Une audience a eu lieu vendredi 11 août, dans l’après-midi.

Pour Maître Anges Nzigou, candidat aux législatives, à Libreville, ce nouvel outil met en danger l’élection : « Ça désorganise les systèmes de vote et ça désorganise l’esprit de la loi électorale. On ne peut pas comprendre que le président de la République, qui appartient à un pouvoir exécutif, soit élu sous le même ticket qu’un député qui appartient au pouvoir législatif. Le bulletin est inconstitutionnel, il est un instrument de fraude, il crée une inégalité entre les candidats, une inégalité entre les électeurs, c’est une catastrophe démocratique. »

Le parti Réagir, autre plaignant, a également été entendu. Son vice-président, Etienne Francky Meba Ondo, veut y croire : « Nous avons saisi la Cour en fin d’année dernière, nous avons obtenu la dissolution du bureau du CGE qui, rappelez-vous, faisait réagir. Nous restons confiants, d’autant plus qu’il s’agit des droits fondamentaux, dont la liberté de vote, qui sont violés, et la Cour est compétente. Nous attendons que la Cour dise le droit. Nous avons exigé en amont, avant que le décret soit pris, qu’il y ait un bulletin unique mais pour chaque type de scrutin. »

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