Fin de l’accord sur les céréales : quelles conséquences pour le Sénégal ? 

La Russie a annoncé lundi qu’elle se retirait immédiatement de l’accord d’exportation des céréales à travers la mer Noire. 

L’accord permettait de maintenir le passage des marchandises. Car, au début des événements de la Russie en Ukraine, sa marine avait imposé un blocus sur la mer Noire, empêchant de facto l’acheminement des denrées alimentaires. 

Une situation qui avait entrainé la flambée des prix des produits de base. Selon les données de la Banque JP Morgan, les deux pays, représentent 29% des exportations mondiales de blé et 19% des exportations de maïs. 

Malgré la forte dépendance mondiale qui prévaut pour les céréales Russo-ukrainiennes, Abdoulaye Djigal affirme que ce non-renouvellement aura « un impact neutre » pour le Sénégal. En effet, dans les colonnes du journal l’Observateur le directeur des ressources humaines et de la communication des Grands Moulins de Dakar, explique que «Cet accord entre Russes et Ukrainiens n’a pas réellement profité au Sénégal. On n’a pas vu de bateau venir au Sénégal par le canal de cet accord.»   

Des affirmations justifiées, si on en croit le rapport publié par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Il y est mentionné que l’Afrique n’a reçu que 2,4% des volumes exportés dans le cadre de l’accord russo-ukrainien. Cela représente 3,97 millions de tonnes de produits agricoles dont 1,7 million de blé. Et cette quantité est allée essentiellement (79%) en Afrique du Nord. L’Afrique subsaharienne n’ayant reçu que 856 394 tonnes, expédiée en totalité à l’Est, vers des pays comme la Somalie, le Soudan ou Djibouti. 

Néanmoins il est trop tôt pour se projeter. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique, le Sénégal importe 800 000 tonnes de blé chaque année. Il est difficile de ne pas voir un impact sur le long terme, quand on voit parmi les principaux fournisseurs de blé du Sénégal, la Russie occuper la première place avec (51 % des importations sénégalaises), suivie de la France (32 %), l’Ukraine (6 %), le Canada (4 %) et l’Argentine (3 %). 

Dans le souci de pallier les difficultés d’approvisionnement, la hausse des cours des céréales et de l’inflation causées par la guerre en Ukraine, les partenaires socioéconomiques du Sénégal ont accéléré les vieilles aspirations nationales d’autosuffisance alimentaire. 

En avril dernier, des chercheurs agronomes sénégalais ont lancé une culture expérimentale de blé local, présenté comme étant plus adapté aux conditions climatiques du pays. 

“Le rêve du Sénégal de produire du blé est en passe de se réaliser”. C’est ce qu’affirme l’Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA). Mais seulement en « saison froide », entre novembre et début mars, et avec la contrainte de la disponibilité de l’eau.  Un projet pilote de 500 hectares doit être lancé en novembre prochain.  

À court terme, sur environ 70 000 hectares, la culture du blé « pourrait représenter 30% des importations actuelles » affirme Amadou Tidiane Sall, sélectionneur blé au sein de l’Institut sénégalais de recherches agricoles « 50% à moyen terme ». « L’heure est désormais à la vulgarisation », selon lui : « il faut intéresser davantage les acteurs privés pour une production à grande échelle », car « les semences ne sont pas encore suffisamment disponibles ». 

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