Plainte en France contre le président sénégalais Macky Sall pour « crimes contre l’humanité »

Une plainte pour « crimes contre l’humanité » a été déposée en France contre le président sénégalais Macky Sall, ainsi que plusieurs hauts responsables, suite aux affrontements violents survenus début juin au Sénégal. Ces troubles ont éclaté à la suite de la condamnation de l’opposant politique Ousmane Sonko. Parallèlement, une demande d’enquête a été soumise à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

L’avocat français Juan Branco a présenté lors d’une conférence de presse le contenu de la plainte, qui a été déposé devant le pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris. Selon lui, cette démarche aura des conséquences durables pour les personnes visées, car les crimes commis sont imprescriptibles. Juan Branco est l’un des avocats d’Ousmane Sonko.

Les procédures pour « crimes contre l’humanité » concernent également le ministre de l’Intérieur sénégalais Antoine Diome, le général Moussa Fall, commandant de la gendarmerie sénégalaise, ainsi qu’une centaine d’autres individus. Elles concernent la période allant de mars 2021 à juin 2023. Le président Macky Sall a réagi en qualifiant ces accusations de « ridicules ».

Les troubles de juin ont entraîné la mort d’au moins 16 personnes selon les autorités, 23 selon Amnesty International et 30 selon l’opposition. La condamnation d’Ousmane Sonko à deux ans de prison ferme dans une affaire de mœurs a provoqué ces heurts, rendant l’opposant inéligible pour la prochaine élection présidentielle de 2024. Les manifestations ont été marquées par la présence d’hommes armés en civil, suscitant de vives préoccupations de la part des défenseurs des droits humains.

La demande d’enquête à la CPI et la plainte en France visent à obtenir une enquête approfondie sur les violences perpétrées et à rendre justice aux victimes. Juan Branco affirme disposer de plus de 4 500 éléments de preuve, dont des vidéos et des témoignages, démontrant les exactions commises par les autorités sénégalaises. L’avocat a également souligné la livraison massive d’armes à la présidence du Sénégal.

Ces procédures internationales témoignent de la volonté de poursuivre la lutte pour la vérité et la justice au-delà des frontières nationales, face à l’absence d’enquêtes et de poursuites pénales au Sénégal. Elles mettent en lumière les enjeux minimisant les troubles politiques et les violations des droits humains dans le pays, ainsi que la recherche d’une responsabilité et d’une réparation pour les actes commis.

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